Enseignement Sup
Écrit par Pierre-Marie MAUXION
Mardi, 26 Février 2008 21:26



communiqué de Presse UNEF, Paris le 26 février 2008
Lundi 25 février 2008, le conseil d’administration de l’université Paris IX-Dauphine a voté le principe d’une réforme augmentant de 800 euros en moyenne les droits d’inscription et demandant au Ministère de l’Enseignement Supérieur l’ouverture de « discussions » pour permettre d’appliquer cette réforme à la rentrée 2009.
Une proposition de réforme hypocrite, injuste et qui va à l’encontre des intérêts des étudiants
L’UNEF dénonce une proposition de réforme inutile et hypocrite, qui n’apporterait au mieux que 9% de ressources supplémentaires à un établissement financé à 85% sur fonds publics, et qui a connu cette année une augmentation de 20% de sa dotation publique. L’UNEF dénonce une proposition de réforme injuste socialement et qui aura pour conséquence de limiter l’accès aux études pour les étudiants les plus modestes. L’UNEF dénonce enfin une réforme qui peut conduire, en renonçant aux diplômes nationaux, à brader la qualité des diplômes de Dauphine et à une diminution voire à une suppression de sa dotation publique.
Une proposition de réforme contraire à la loi
L’UNEF dénonce l’aveuglement idéologique du président de Dauphine, pour lequel l’objectif de faire payer les étudiants justifie de piétiner la loi et d’ignorer les mises en garde de la Ministre et du Conseil d’Etat (par un avis en date du 19 février). Alors que Paris IX-Dauphine a « vocation, à titre principal, à délivrer des diplômes nationaux », qu’il lui est interdit d’augmenter les droits d’inscriptions pour les diplômes nationaux, qu’il ne peut « requalifier » ses diplômes nationaux en diplômes d’établissements (Conseil d’Etat), et qu’il ne peut « imposer aux étudiants inscrits à un diplôme national de s'inscrire parallèlement à une formation complémentaire, entraînant des frais supplémentaires, pour valider leur diplôme » (V. Pécresse), le Président de Paris IX-Dauphine persiste et signe en affirmant que sa réforme concernera « 100% des étudiants ».
L’UNEF rappelle que les établissements d’enseignement supérieur n’appartiennent pas à leur président mais à l’Etat et poursuivent des missions de service public.
Malgré son statut de « grand établissement », Paris IX-Dauphine a encore l’obligation de respecter la loi. Si la Ministre ne parvient pas à faire respecter la loi, l’UNEF se réserve la possibilité d’engager des recours contre l’université devant le tribunal administratif.
Le gouvernement doit arrêter de jouer avec le feu
Malgré les rappels à la loi de la Ministre et malgré les mises en garde du Conseil d’Etat, le Président de l’université a fait le choix de passer en force et de s’adresser directement à Valérie Pécresse pour obtenir un arbitrage politique favorable à sa réforme. Le débat n’est donc plus technique ou juridique, mais bel et bien politique. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.
L’UNEF demande à Valérie Pécresse de refuser l’engrenage politique et idéologique dans lequel le président de Dauphine souhaite entrainer le gouvernement en excluant toute « discussion » avec l’université pour la mise en place de cette réforme à la rentrée 2009. Le rappel à la loi et les promesses ne suffisent plus désormais : le « laisser-faire » de la Ministre laisserait entendre qu’elle approuve les choix politiques de Paris IX-Dauphine.
Alors que le gouvernement et le Président de la République ont clairement garanti que les droits d'inscription n'augmenteraient pas avec la loi sur l’autonomie des universités, la validation même partielle de cette réforme serait un très mauvais signe envoyé aux étudiants. La Ministre doit désormais joindre les actes à la parole : le gouvernement doit empêcher dans les faits cette réforme d’aboutir, ou il devra l’assumer face aux étudiants au risque de raviver leur colère.